12 août 2007
15 juillet 2007
25 juin 2007
31 mai 2007
Bleu
Ce matin j’ai contenu ma colère
Il a fait grande impression dans son bel uniforme bleu, l’écusson RF cousu à l’épaule, pourtant il ne savait pas parler
Il faut se rendre à l’évidence le bleu est très en vogue depuis quelques temps
Plutôt rendre l’âme que de se rendre
Une fois son speech terminé ils l’ont tous chaudement applaudi
Et j’ai eu un frisson d’effroi sur ma chaise
Tout le monde a le droit à son quart d’heure de gloire
Et moi de me dire, cette fois nous y voilà, ce pays a franchi les limites de l’infranchissable
Ce midi ma mère me dit qu’elle ne peut rien avaler
Qu’elle est stressée parce qu’elle n’a pas eu le temps de finir de préparer sa jardinière de légumes
Je la regarde alors marcher lentement, difficilement
Je la regarde douloureusement aller de travers
Je ne sais plus quoi penser
A cet instant je penche la tête et je ne veux plus voir que le bleu du ciel
Pendant ce temps là certains agissent parfois comme si tout leur était acquis
Un peu comme des enfants gâtés
Un peu comme des enfants pourris
Qu’ils n’ont pourtant jamais été
Nous aspirions ensemble aux aubes caressantes
Mais l’enfance est un gouffre
Dans lequel il nous arrive encore trop souvent de boire la tasse
Un jour, plus tard, je me souviendrai de toutes ces choses en me disant tout ça c’était avant
C’était avant que je ne devienne enfin moi même
Bande-son : The National [Mistaken for stangers]
Il a fait grande impression dans son bel uniforme bleu, l’écusson RF cousu à l’épaule, pourtant il ne savait pas parler
Il faut se rendre à l’évidence le bleu est très en vogue depuis quelques temps
Plutôt rendre l’âme que de se rendre
Une fois son speech terminé ils l’ont tous chaudement applaudi
Et j’ai eu un frisson d’effroi sur ma chaise
Tout le monde a le droit à son quart d’heure de gloire
Et moi de me dire, cette fois nous y voilà, ce pays a franchi les limites de l’infranchissable
Ce midi ma mère me dit qu’elle ne peut rien avaler
Qu’elle est stressée parce qu’elle n’a pas eu le temps de finir de préparer sa jardinière de légumes
Je la regarde alors marcher lentement, difficilement
Je la regarde douloureusement aller de travers
Je ne sais plus quoi penser
A cet instant je penche la tête et je ne veux plus voir que le bleu du ciel
Pendant ce temps là certains agissent parfois comme si tout leur était acquis
Un peu comme des enfants gâtés
Un peu comme des enfants pourris
Qu’ils n’ont pourtant jamais été
Nous aspirions ensemble aux aubes caressantes
Mais l’enfance est un gouffre
Dans lequel il nous arrive encore trop souvent de boire la tasse
Un jour, plus tard, je me souviendrai de toutes ces choses en me disant tout ça c’était avant
C’était avant que je ne devienne enfin moi même
Bande-son : The National [Mistaken for stangers]
17 mai 2007
28 avril 2007
02 avril 2007
De Milarépa je ne parlerai pas,Mais de moi, fils de l’oiseau royal, du Garuda.
Depuis l’intérieur de l’œuf j’ai déployé mes longues ailes.
Enfant je dormais dans le nid,
Adolescent j’en ai gardé le seuil,
A l’âge adulte, le grand Garuda a fendu les hauteurs du ciel.
Je ne frémis pas, bien que l’azur soit immense,
Et du relief acéré de l’étroite vallée, je ne suis pas effrayé.
Milarépa extrait des Cent mille chants, Chapitre premier : Chant des six souvenirs du Lama
Mais après quoi je cours comme ça indéfiniment ?
Et puis à quoi bon courir après quelque chose qui de toute façon se trouve derrière soi
J’aimerais parfois être délivrée de ces angoisses sourdes et lointaines
J’aimerais ne plus avoir à faire les mêmes constats
Rien n’y fait
Je suis toujours l’enfant raisonnable et solitaire qui veille et attend dans son coin patiemment
Et comment leur en vouloir ?
Il aurait fallu que je m’exprime pour ça
Peut-être que moi aussi comme le raconte la légende de Garuda (en tibétain Khyungpo), je suis sortie de l’œuf avec déjà toutes mes plumes
Mais comment leur dire que malgré cela il m’arrivait à moi aussi d’avoir peur
Il aurait fallu qu’ils soient plus présents pour ça
La nuit venue lutter pour ne pas s’endormir
Impossible de se laisser aller dans les bras de Morphée sans avoir reçu un dernier baiser d’elle
Pas un soir sans que je n’imagine que peut-être cette fois elle ne rentrerait pas
Bande-son : Joe Lally [Like a baby]
05 mars 2007
L'animal que donc je suis...
J’ai vu ce documentaire très attachant sur Jacques Derrida il y a quelques jours. Depuis je relis tout un tas de papiers le concernant. Il y a ce passage dans le film dans lequel il explique que nos yeux ne vieillissent pas. Ils sont une des rares parties de notre corps qui ne change pas d’aspect tout au long de notre existence. Quand j’y réfléchis je trouve ça assez fascinant. Alors que nos corps et nos visages changent, nos yeux de vieillard seraient identiques à nos yeux d’enfant. J’aime l’idée qu’il pourrait en être de même pour le regard que nous portons sur le monde. Avec l’âge notre regard doit-il changer nécessairement ? Enfin je veux dire, se transforme t-il fondamentalement ? Le regard comme miroir de l’âme. On peut saisir tellement de choses d’un simple regard. Aussi furtif soit-il. On peut surtout y discerner tellement de choses de l’ordre de l’indicible. Tous les jours je croise une multitude de regards différents. Pourquoi certains retiennent mon attention plus que d’autres ? Pourquoi certains me bouleversent littéralement ? Je me demande parfois mais que peut-il bien se cacher derrière ces deux yeux là ? Paradoxalement aujourd’hui encore j’ai du mal à soutenir très longuement le regard de l’autre. Hormis peut-être celui de mon chat. Lui et moi nous nous regardons d’ailleurs très régulièrement les yeux dans les yeux. Je sais, j’aime vivre dangereusement. Après tout pas tant que ça, parce que j’ai pris l’habitude de le faire depuis toujours avec mes chats, sans jamais rencontrer la moindre déconvenue. L’animal que donc je suis. Il s’agit peut-être bien de ça finalement. Qui sait ? Avec mes semblables il semblerait que je ne fasse pas encore tout à fait preuve de la même aisance. Même si ça va beaucoup mieux qu’à une époque, il m’arrive encore de temps en temps de préférer raser les murs tout en fixant mes pompes. Peut-être simplement la peur de ce que je pourrais trouver parfois dans vos yeux. A moins que ce ne soit la crainte de ce que vous pourriez lire dans les miens.Bande-son : Archie Shepp [Attica blues]
13 février 2007
Soyez votre propre lampe, votre île, votre refuge. Ne voyez pas de refuge hors de vous-même.
[Bouddha]
10 février 2007
Après vous je demeurerai encore à leurs yeux sauvage et indocile
Mais voyez surtout comme quand enfin on m’apprivoise
je sais rester fidèle à en crever
Bande-son : Emily Haines [Crowd surf off a cliff]
Mais voyez surtout comme quand enfin on m’apprivoise
je sais rester fidèle à en crever
Bande-son : Emily Haines [Crowd surf off a cliff]

